il-etait-une-fois-vert

Il était une fois

Avant que les forêts ne soient,
les arbres solitaires s’étendaient à tatons pour combler le vide qui les entouraient.
À force de s’étirer, les voisins finirent par se rapprocher,
et les arbres de vivre en communautés.
Sans demander en échange, la forêt s’ore au monde
Simplement là, ouverte, simplement verte.
Sédentaire sur l’échelle de l’instant,
la forêt grandit.
Au pied de la montagne, le bois dort sur l’eau qui court.
Dans son repos, l’arbre voit tout, entend tout, mais ne dit rien.
Et c’est ce qui fait sa noblesse,
plus discret qu’il n’est grand,
l’arbre incarne la sagesse.
Alors les oiseaux, électrons libres dans cet océan vert,
sautent de branches en branches et expriment les voies de la forêt.
Ces créatures à plumes devinrent les poètes des bois,
écrivant à l’instinct leur vers de leur vol insouciant.
Pour l’oiseau, l’arbre est tout,
sa sphère sociale, son territoire de jeu, sa halte, son inspiration, son repas et sa demeure,
et lorsqu’il meurt,
l’oiseau vient l’honorer pour lui rappeler que son corps inerte et sec,
reste un perchoir respectable.


Au pied de la montagne bleue, les maitres des lieux vous tendent leurs branches.
c’est la forêt qui vous invite, grimpez !
le monde des oiseaux est juste là, perché un peu plus haut,
en surplomb des poissons qui cascadent dans le ruisseau.

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